Un problème économique et social

Une affaire économique

 

Tout problème de santé publique, que ce soit en France ou dans n’importe quel pays du monde, devient rapidement un problème aussi bien éthique qu’économique.  La question du possible danger que peuvent provoquer les téléphones portables en est l’exemple parfait car il illustre l’idée que les intérêts économiques dépassent parfois le devoir de transparence qui résulte de la mise en circulation d’un appareil aussi répandu que le téléphone portable.

 

 

I-/ Une affaire de gros sous

             1) Un marché omniprésent

           

            En 2009, l’ARCEP (autorité de régulation des communications et des postes), a dénombré environ 56,6 millions d’utilisateurs de téléphones portables en France, ce qui représente 91,8% de la population française. Le marché du téléphone portable concerne donc une écrasante majorité des Français et le terme de « santé publique » peut donc être employé.

            Ainsi, toujours durant cette même année 2009, les revenus des opérateurs mobiles en France se sont élevés à presque 5 milliards d’euros et France Telecom s’est classé douzième dans le classement des chiffres d’affaires des grands groupes français. Le secteur des télécommunications n’est donc plus dans une phase de découverte mais en pleine expansion et celle-ci se fait sentir par son poids dans l’économie française.

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            Étant donné l’expansion vertigineuse de ce secteur cette dernière décennie, la question d’un danger éventuel du produit est évidente. Les téléphones portables sont partout et même les non-utilisateurs sont exposés aux possibles effets néfastes des ondes qu’ils émettent. Ceci pousse donc les autorités à intervenir mais celles-ci se heurtent aux intérêts défendus par les grands groupes de télécommunication et au lobbying que ces dernières opèrent pour éviter que des mesurent restrictives soient prises dans le but de protéger les utilisateurs de téléphones portables.

 

 

 


            2) Le lobbying : gilet de sauvetage des grandes enseignes

 

            Etymologie : anglicisme. En anglais, lobby est un couloir, un vestibule. Vers 1830, en Angleterre, "lobby" désignait les couloirs de la Chambre des communes où les membres des groupes de pression pouvaient venir discuter avec les parlementaires.

Un lobby est un groupe de pression qui tente d'influencer les lois, les réglementations, l'établissement des normes (industrielles par exemple), les décisions..., pour favoriser ses propres intérêts, économiques en général. Un lobby peut être un regroupement plus ou moins formel d'acteurs qui partagent des intérêts communs ou qui appartiennent à un même secteur d'activité professionnelle.

 

Dans le cadre du débat sur un éventuel danger provoqué par les ondes émises par les téléphones portables, le problème du lobbying est un point essentiel. En effet, les grands groupes de télécommunication, en France ou à l’étranger, craignent plus que tout une réglementation officielle concernant la vente et l’utilisation de leurs produits et la mise en évidence des dangers qu’ils pourraient causer. En effet, ceci entrainerait une chute considérable du nombre de téléphones portables mis en service chaques années et donc des ventes et du chiffre d’affaire de ces entreprises.

Pour empêcher le passage d’une loi qui régulerait le marché du téléphone mobile en France, les grands groupes de télécommunication font pression sur les parlementaires ou même les médias. Ce procédé peu démocratique limite le débat concernant  ce problème de santé publique mais tout le monde semble y trouver son compte. En effet, les grandes enseignes ne sont pas inquiétées et leurs bénéfices sont toujours en hausse malgré la crise, sécurisant ainsi bon nombre d’emplois qui seraient menacés en cas d’affirmation officielle de ces dangers. Mais elles ne sont pas les seules à y trouver leur compte et l’Etat français profite des retombées économiques du marché du portable. Enfin, les conséquences d’un mouvement de panique de l’ensemble de la société française provoqué par la confirmation d’un risque pour la santé pourraient être désastreuses tant économiquement que moralement. On se rappelle de la réaction de l’opinion publique à la découverte de la Grippe A. Cette réaction serait de plus amplifiée par l’idée que l’Etat aurait servi la tromperie en fermant les yeux face aux intérêts financiers ; mettant en danger des millions de citoyens français.

Les grands groupes de téléphonie mobile ayant fait leur affaire pour éviter un scandale sur la place publique ont donc préservé leurs intérêts économiques mais le débat reste plus que jamais ouvert et l’avis des scientifiques a plus que jamais son importance même si l’objectivité de ceux-ci est souvent mise en doute.

 

II-/ L’objectivité des études remise en cause

 

            1) La crédibilité des scientifiques mise en doute

 

            Depuis plusieurs années, les recherches et études concernant les ondes émises par les portables se multiplient et le débat prend de l’ampleur. Cependant, comme souvent, l’objectivité des scientifiques auteurs de ces études est remise en cause. En effet, nombre d’entre eux sont accusés de corruption par les médias et les suspicions concernant leur neutralité sont constantes.

            Ainsi, chaque nouveau résultat de recherche affirmant que les portables ne présent peu ou pas de danger est accompagné de questionnements car les associations de protection des usagers doutent de la fiabilité de ces conclusions. En effet, elles craignent que ces études aient été financées par les grands groupes de téléphonie, faussant ainsi la crédibilité de ces résultats. Dans ce climat de suspicion permanente, il est très compliqué de savoir qui il faut croire même si les études gouvernementales semblent être les plus crédibles bien que celles-ci aient tendance à se contredire.

 

            2)Un consensus internationale nécessaire

 

 Afin de pouvoir officialiser l’existence ou non de dangers provoqués par les mobiles, un consensus doit être trouvé à l’échelle mondiale. Ainsi, alors qu’une étude « Biolinitiative », validée par le Parlement Européen et l’Agence Européenne de l’Environnement, prouvait en 2007 l’existence de dangers pour la santé provoqués par l’utilisation régulière d’un téléphone mobile, ces conclusions ont été remises en cause par une étude danoise publiée dans le très sérieux British Medical Journal en 2011.

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De plus, tous les pays ne sont pas d’accord sur le sujet. Alors que certains négligent l’impact des téléphones sur la santé des être humains, d’autres sont plus prudents et mettent en pace une prévention active. La France fait ainsi partie des plus craintifs et admet un possible risque pour la santé alors que certains le réfutent en raison du manque de preuves. Si une un accord entre les pays de l’Union Européenne et même de toutes les régions du monde n’est pas trouvé rapidement, la situation ne peut pas évoluer vers une officialisation des dangers. La communauté internationale doit pour cela parler d’une même voix ; ce qui aurait pour conséquences de faire réagir les populations quant à ce problème de santé publique et en définitive permettre la réalisation de mesures concrètes et efficaces qui auraient pour effet de modifier le comportement des opérateurs téléphoniques.

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